
Types de filaments : PLA, ABS, PETG, TPU
Après avoir testé plus de 10 types de filaments dans notre atelier, voici comment choisir le bon en fonction de vos besoins. La réponse est simple : pour un projet décoratif ou un prototype rapide, le PLA suffit ; pour une pièce technique soumise à des contraintes mécaniques ou thermiques, l’ABS ou le PETG sont plus adaptés ; et pour une pièce flexible, le TPU est le seul choix viable. Chaque matériau a ses forces et ses faiblesses, et le bon choix dépend de l’usage final.
Filament PLA
– **Avantages** : Facile à imprimer, idéal pour les débutants, large gamme de couleurs et finitions. Ne nécessite pas de plateau chauffant.
– **Inconvénients** : Moins résistant à la chaleur et moins durable que d’autres matériaux. En pratique, une pièce en PLA exposée à plus de 60°C se déforme. C’est parfait pour des figurines, des supports ou des maquettes, mais pas pour un boîtier de Raspberry Pi qui chauffe.
Filament ABS
– **Avantages** : Haute résistance mécanique et thermique, idéal pour les pièces techniques.
– **Inconvénients** : Nécessite un plateau chauffant et une ventilation adéquate (émissions d’odeurs fortes). Dans notre labo, l’ABS a tenu sans problème à 100°C. Mais attention : il rétracte beaucoup, prévoyez un bord ou un radeau. Et imprimez dans une pièce aérée ou avec une enceinte fermée.
Filament PETG
– **Avantages** : Résistant aux chocs et à l’eau, aussi facile à imprimer que le PLA mais plus durable.
– **Inconvénients** : Peut être collant et compliquer l’adhérence au plateau. Un conseil : utilisez du ruban adhésif bleu ou une laque spéciale. Le PETG est mon choix par défaut pour des pièces qui doivent survivre à un usage quotidien, comme des supports de téléphone ou des pièces mécaniques légères.
Filament TPU
– **Avantages** : Flexible, idéal pour des pièces nécessitant de l’élasticité comme des coques ou des joints.
– **Inconvénients** : Nécessite des réglages précis de vitesse et de température. Le TPU est capricieux : si vous imprimez trop vite, le filament se tord dans l’extrudeur. Nous recommandons 30 mm/s maximum et un extrudeur à entraînement direct. Mais le résultat en vaut la peine pour des poignées ergonomiques ou des amortisseurs.
Tests dans le laboratoire DunaTech
Chez DunaTech, nous avons testé les filaments mentionnés sur différentes imprimantes (Ender 3, Prusa i3 et Bambulabs). Voici les résultats les plus pertinents. En bref : le PLA est le champion de la simplicité, l’ABS le roi de la résistance, le PETG le meilleur compromis, et le TPU le spécialiste de la flexibilité. Mais chaque test a révélé des nuances importantes.
– **PLA** : Parfait pour des pièces décoratives et des prototypes rapides. Lors de nos tests, le PLA a fonctionné correctement, même sur des imprimantes économiques. Nous avons imprimé un vase avec une couche de 0,2 mm : le résultat était lisse et sans défaut. Cependant, laissé au soleil une semaine, il a commencé à se ramollir. À retenir : le PLA est excellent pour l’intérieur, pas pour l’extérieur.
– **ABS** : Nous avons imprimé des boîtiers pour électronique ; la résistance était excellente, mais une ventilation obligatoire est nécessaire. Sur la Prusa i3, avec un plateau à 100°C et une enceinte improvisée en carton, les pièces étaient solides et sans warping. L’odeur est forte, donc nous déconseillons l’ABS dans un appartement sans hotte.
– **PETG** : Idéal pour des pièces fonctionnelles. Lors d’un test de résistance à l’eau, les pièces imprimées n’ont montré aucune dégradation après 72 heures. Nous avons aussi soumis un support de batterie à un test de chute de 1 mètre : le PETG a survécu, là où le PLA s’est fissuré. C’est mon filament préféré pour les projets du quotidien.
– **TPU** : Bien que difficile à manipuler, nous avons réussi à imprimer des coques de téléphone très flexibles en utilisant des vitesses faibles (30 mm/s). Sur la Bambulabs, avec un profil spécifique, les couches étaient parfaitement adhérentes. Mais attention : le TPU absorbe l’humidité très vite ; après une journée à l’air libre, il produisait des bulles. Un séchage préalable est indispensable.
Erreurs courantes avec les filaments
Honnêtement, la majorité des problèmes que nous avons observés dans notre atelier ne sont pas dus au filament lui-même, mais à une mauvaise utilisation. Voici les erreurs les plus fréquentes, avec leurs symptômes et solutions concrètes.
– **Température incorrecte** : Utiliser une température trop élevée avec le PLA peut provoquer des obstructions de l’extrudeur. Symptôme : des bruits de cliquetis et des sous-extrusions. Cause : le filament ramollit trop tôt dans le tube PTFE. Solution : réduisez la température de 5°C à 10°C et vérifiez que votre tube est bien enfoncé. Pour l’ABS, une température trop basse donne des couches qui se délaminent ; augmentez-la progressivement.
– **Filament humide** : Si le filament est humide (en particulier l’ABS et le PETG), les impressions présenteront des bulles. Symptôme : des petits pops sonores et des aspérités sur la surface. Cause : l’humidité absorbée se vaporise dans la buse. Solution : utilisez un séchoir à filament comme le Sovol si vous rencontrez ce problème. Nous le réglons à 55°C pendant 4 heures pour le PETG, et 65°C pour l’ABS. Ne négligez pas cette étape : un filament humide ruine une impression en quelques couches.
– **Vitesse d’impression mal réglée** : Le TPU nécessite des vitesses faibles pour éviter les erreurs. Symptôme : le filament s’emmêle dans l’extrudeur ou forme des grumeaux. Cause : la flexibilité du TPU le fait fléchir sous la pression. Solution : imprimez à 25-30 mm/s, désactivez la rétraction si possible, et utilisez un extrudeur à entraînement direct. Sur une Ender 3 avec un Bowden, c’est presque impossible ; passez en direct drive.
Pour plus de conseils sur la gestion des filaments humides, consultez notre guide sur comment utiliser un séchoir à filament Sovol.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur filament pour les débutants ?
Sans aucun doute, le PLA est le plus facile à utiliser. Il ne nécessite pas de plateau chauffant ni de réglages compliqués. Commencez avec du PLA de marque reconnue comme eSun ou Sunlu pour éviter les surprises.
Comment savoir si mon filament est humide ?
Si vous entendez de petits crépitements pendant l’impression ou voyez des bulles dans les couches, votre filament est probablement humide. Un test simple : pliez une section de filament ; s’il casse net au lieu de se plier, il est trop sec ou humide. Utilisez un déshumidificateur ou un séchoir dédié.
Quelle température dois-je utiliser pour le TPU ?
Généralement entre 220°C et 240°C, mais ajustez selon les recommandations du fabricant. Pour du TPU 95A, nous utilisons 230°C sur buse en laiton. Si le filament bave, baissez de 5°C ; si les couches n’adhèrent pas, montez de 5°C.
Le PETG est-il vraiment plus résistant que le PLA ?
Oui, le PETG est environ 30 % plus résistant aux chocs et à la traction que le PLA. Il résiste aussi mieux à l’eau et aux UV modérés. Pour une pièce qui doit durer, le PETG est un meilleur investissement, même s’il coûte un peu plus cher.
Puis-je utiliser de l’ABS sans enceinte fermée ?
C’est risqué. L’ABS refroidit trop vite à l’air libre, ce qui provoque un warping (décollement des coins). Si vous n’avez pas d’enceinte, placez l’imprimante dans un carton ou utilisez un écran anti-courant d’air. Mais attendez-vous à des échecs sur des pièces larges.
Conclusion
Choisir le bon filament dépend de votre projet. Pour les débutants, le PLA est idéal. Si vous avez besoin de résistance, l’ABS ou le PETG sont de meilleures options. Et pour des pièces flexibles, le TPU est une valeur sûre. N’oubliez pas de toujours garder vos filaments au sec et de bien ajuster les paramètres d’impression pour éviter les problèmes. Dans notre atelier, nous utilisons le PETG pour 70 % de nos projets : c’est le meilleur rapport qualité/simplicité. Mais chaque matériau a sa place. Testez, échouez, apprenez — c’est la beauté de l’impression 3D.
— L’équipe de DunaTech